Étude sur la productivité avec Claude : un gain déclaré de 50 %
L'étude d'Anthropic sur la productivité avec Claude, publiée en décembre 2025, a interrogé 132 ingénieurs et chercheurs de l'entreprise et montre qu'ils utilisent Claude dans 60 % de leur travail. Ils déclarent un gain de productivité de 50 %, et 27 % du travail assisté par Claude correspond à des tâches qui n'auraient pas été faites autrement. Pourtant, la plupart disent ne pouvoir déléguer entièrement que 0 à 20 % de leur travail. Pour les responsables techniques, l'étude montre où l'aide au code par IA rapporte aujourd'hui : plus de production, toujours vérifiée par des humains.
Pourquoi Anthropic a étudié ses propres ingénieurs
Anthropic voulait observer de près comment l'IA transforme le travail logiciel, et a commencé par ses propres équipes, parmi les tout premiers utilisateurs de la technologie. En août 2025, l'entreprise a interrogé 132 ingénieurs et chercheurs, mené 53 entretiens approfondis et étudié les données d'usage internes de Claude Code. À l'époque, Claude Sonnet 4 et Claude Opus 4 étaient ses modèles les plus performants.
L'étude mettait aussi à l'épreuve une déclaration publique. En mars, le PDG Dario Amodei avait affirmé que d'ici la fin de l'année, 90 % du code logiciel des entreprises serait écrit par l'IA. Un porte-parole d'Anthropic a indiqué à Fortune que l'échantillon de l'étude était réduit et qu'elle ne traitait pas « l'écriture de code » comme une tâche à part, si bien qu'elle ne peut pas être comparée directement à cette prévision.
Les tâches que les ingénieurs confient chaque jour à Claude
Le débogage et la compréhension du code existant sont les usages les plus courants. Dans l'enquête, 55 % des salariés utilisaient Claude chaque jour pour déboguer, 42 % chaque jour pour comprendre du code et 37 % chaque jour pour développer de nouvelles fonctionnalités.
La conception et la planification de haut niveau, la science des données et le développement front-end étaient moins fréquents. Selon Anthropic, les gens gardent volontiers la conception et la planification entre leurs mains, tandis que les deux autres sont simplement des tâches moins courantes.
Comment les ingénieurs décident de ce qu'ils délèguent
La plupart des salariés utilisent souvent Claude, mais disent ne pouvoir « déléguer entièrement » que 0 à 20 % de leur travail. L'utiliser suppose en général une supervision active et des vérifications, surtout quand les enjeux sont élevés.
Les ingénieurs confient les tâches faciles à vérifier, à faible enjeu ou ennuyeuses, comme du code de débogage ou de recherche jetable. Beaucoup décrivent une confiance qui progresse : d'abord des tâches simples, puis un travail plus complexe à mesure que la confiance grandit.
« Plus une tâche m'enthousiasme, moins j'ai de chances d'utiliser Claude. » Un ingénieur d'Anthropic, lors des entretiens menés par l'entreprise
Ce que l'étude a mesuré en production et en autonomie
Les salariés déclarent utiliser Claude dans 60 % de leur travail et un gain de productivité de 50 %, soit 2 à 3 fois plus qu'à la même période un an plus tôt. Le gain se traduit par un peu moins de temps par catégorie de tâches, mais par une production nettement plus importante. Quelque 27 % du travail assisté par Claude correspond à des tâches qui n'auraient pas été faites autrement, comme des tableaux de bord interactifs ou des travaux exploratoires qui ne seraient pas rentables à la main.
Les données d'usage montrent que Claude travaille plus longtemps en autonomie. Six mois plus tôt, Claude Code enchaînait environ 10 actions avant d'avoir besoin d'une intervention humaine ; il en gère aujourd'hui environ 20. La part d'usage consacrée à la conception et à la planification du code est passée de 1 % à 10 %, et celle du développement de nouvelles fonctionnalités de 14 % à 37 %. Environ 8,6 % des tâches de Claude Code étaient des corrections de « petits irritants », de petites améliorations comme une refonte pour faciliter la maintenance, que les équipes repoussent d'habitude.
Ce qui inquiète les ingénieurs
Les résultats ne sont pas que des gains. Certains ingénieurs craignent de perdre les compétences approfondies nécessaires pour écrire et critiquer du code, ou de devenir moins capables de superviser ce que produit Claude. Certains s'entraînent volontairement sans Claude. Claude est devenu le premier réflexe pour des questions qu'on posait autrefois aux collègues, et certains constatent moins d'occasions de mentorat. Un ingénieur a confié aux chercheurs qu'il programmait depuis 25 ans et qu'il avait le sentiment de vivre « la fin d'une époque ».
Ce que l'étude signifie pour les équipes d'ingénierie
Pour une entreprise, l'étude désigne une forme précise de valeur : davantage de production et un travail autrefois laissé de côté, pas moins de personnes pour vérifier le code. Les usages principaux, le débogage et la compréhension du code, sont des tâches dont une personne peut vérifier rapidement le résultat. Les 27 % de travail nouveau suggèrent que la productivité du code avec l'IA se manifeste d'abord par des outils et des correctifs que personne n'avait le temps de créer.
Anthropic en reconnaît les limites. Ses ingénieurs ont un accès anticipé aux nouveaux outils et travaillent dans un domaine relativement stable, et l'enquête portait sur un petit échantillon. L'entreprise indique étudier en interne comment préserver l'expertise technique, le mentorat et l'évolution de carrière dans un environnement de travail assisté par l'IA.
Questions et réponses
Quelle part de leur travail les ingénieurs d'Anthropic font-ils avec Claude ?
Ils déclarent utiliser Claude dans 60 % de leur travail. La plupart disent ne pouvoir en déléguer entièrement que 0 à 20 %, car ils vérifient toujours ce que produit Claude.
L'étude montre-t-elle que l'IA remplace les ingénieurs logiciels ?
Pas dans ses résultats. Elle montre des ingénieurs qui font plus de travail, y compris des tâches qu'ils auraient laissées de côté, tout en supervisant les résultats. Certains se demandent s'ils ne finiront pas par automatiser leur propre poste.
Quelles tâches de code les ingénieurs délèguent-ils à l'IA ?
Les tâches faciles à vérifier, à faible enjeu ou ennuyeuses. Le débogage et la compréhension du code sont les usages quotidiens les plus courants, et le développement de nouvelles fonctionnalités est passé de 14 % à 37 % de l'usage de Claude Code.
Le regard de MOZGII
Comment nous le construirions
Cette étude décrit un assistant de code qui donne le meilleur de lui-même sur des tâches qu'une personne peut vérifier vite : trouver un bug, expliquer du vieux code, créer un petit tableau de bord. Si nous déployions un outil comme Claude Code dans une équipe d'ingénierie, nous commencerions par là. Nous lui confierions d'abord le débogage et la lecture de code, et nous laisserions les décisions de conception aux humains jusqu'à ce que l'équipe ait confiance dans son travail sur des tâches plus petites.
Nous mesurerions aussi autre chose que la vitesse. L'étude montre une production qui augmente alors que la part du travail entièrement déléguable reste faible. Nous suivrions donc la part de chaque modification qu'un relecteur a dû corriger avant la fusion. Ce chiffre, la part des modifications écrites par l'IA acceptées sans reprise, est celui que nous surveillerions, car il dit si l'outil fait gagner du temps de relecture ou s'il le déplace seulement.
Le point faible est l'apprentissage. Quand l'assistant répond à toutes les questions, les ingénieurs juniors sollicitent moins leurs collègues et s'exercent moins. Nous réserverions une partie du travail à faire sans l'assistant et nous associerions juniors et seniors lors des relectures. Ensuite, nous mettrions en place un simple journal des types de tâches que l'équipe délègue chaque mois, pour que les managers voient la confiance progresser ou reculer au lieu de la deviner.
Sources
D’où viennent les faits de cet article.